Leadership créatif : mon expérience à la FACTRY

Récemment, j’ai eu la chance de participer à une formation de 45 heures sur le leadership créatif donné par la FACTRY, la nouvelle école des sciences de la créativité à Montréal. Directeurs de création, architectes, gestionnaires, producteurs, stratèges; nous étions un groupe assez hétéroclite à première vue, quoique nous partagions un point commun : nous avons à diriger des projets qui impliquent créativité et innovation et/ou à mobiliser des équipes transdisciplinaires dans le cadre de notre travail. 

De nos jours — et de plus en plus — la créativité est considérée comme une compétence-clé des leaders. A priori, on peut penser que si notre emploi n’est pas axé sur la création ou le domaine artistique, cette formation n’est pas pour nous. Au contraire. Créativité ≠ création. La créativité, c’est de trouver des solutions nouvelles à des problématiques données. C’est de faire de nouvelles associations, de créer des liens qui n’existaient pas auparavant. Comme le disait Steve Jobs : “Creativity is just connecting things.” Par exemple, une façon simple de stimuler ces nouvelles associations est de mélanger des expertises au sein d’une même équipe. Plus de diversité = plus de créativité. 

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Voici donc 5 choses qui m’ont marquée lors de mon séjour :

  1. La créativité, ça s’apprend.

Ça s’apprend. Ça se travaille. Ça se stimule. Il faut l’encourager et l’entraîner. Lors de la première journée d’atelier, Philippe Meunier, CCO et cofondateur de Sid Lee et de la FACTRY, nous disait que, pour lui, l’équation de la créativité se résumait à 95% sueur vs 5% talent. Il faut travailler fort, se pratiquer. Il faut mettre la main à la pâte et travailler aussi fort que ce qu’on demande aux autres de faire. 

  Bien sûr, il faut se donner la chance et les moyens d’y arriver. Gillian Ferrabee, danseuse, actrice et directrice de création insistait sur l’importance de bouger, de changer de position lorsqu’on travaille (sitting is the new smoking!), et Pierre Thibault, architecte, sur le fait qu’il est essentiel de travailler dans des environnements qui stimulent le corps et l’esprit: la lumière naturelle, les espaces ouverts, etc. 

2. Le consensus ne génère pas d’idées

Le premier défi qu’on nous a donné, avant même d’entrer dans le local du cours, était d’écrire sur un papier notre plus grand frein au travail, ce que nous aimerions laisser en sortant de la formation. J’avais écrit la peur du jugement. 

C’est probablement pour cette raison que j’ai tendance à rechercher le consensus, l’harmonie. En gros, je n’aime pas les chicanes. Comme bien des Québécois apparemment d’ailleurs. Joanne Fillion, directrice de création et membre fondatrice de la FACTRY, insistait : “Chercher la bonne entente, c’est bien. Mais ça ne génère pas des idées.” On doit encourager les idées dissidentes, le choc des idées, les points de vue nouveaux et différents. Bref, ne pas chercher l’unanimité à tout prix; parfois, il faut “brasser” un peu pour générer des idées fraîches. Même si ça ne plaît pas à tous (et que ça allonge les réunions!).

3. S’écouter pour mieux se comprendre

On s’entend tous pour dire que l’écoute c’est important. Cependant, il faut réaliser l’impact qu’elle peut avoir sur la qualité des relations qu’on bâtit avec les autres. C’est d’ailleurs l’un des ateliers qui a le plus marqué l’ensemble des participants à la formation. L’un des plus eye-opening

L’écoute bâtit le respect, la confiance. Quand on écoute bien, on comprend mieux. On doit être généreux, faire de la place aux autres. Et surtout, il est important de ne pas écouter à travers notre prisme, c’est-à-dire en faisant une écoute sélective et en prenant des raccourcis mentaux afin de retenir seulement ce qu’on veut entendre. Comprendre, comme nous le rappelait le linguiste et philosophe René Villemure, signifie saisir l’ensemble. Si on veut saisir l’ensemble, il faut savoir écouter. 

Quelques exemples concrets et quotidiens : 
Ex. Ranger son téléphone en présence de quelqu’un, notamment pendant les réunions (même pas sur la table ni retourné!); 
Ex. Ne pas interrompre les gens quand ils parlent (les laisser finir leur idée); 
Ex. Regarder dans les yeux (ne pas se laisser distraire ou détourner le regard). 

Simple, n’est-ce pas? Faites le test et vous verrez la différence. 

4. Le leadership passe par la cohérence

La cohérence n’est peut-être pas le trait de personnalité qui vous vient en tête quand on parle de leadership. Ni le plus sexy. Mais quand on y pense, ça a beaucoup de sens. Un bon leader dans un groupe, c’est une personne avec qui on sait à quoi s’attendre. Qui est constante dans sa façon d’agir, de réagir, d’interagir. 

Conséquemment, il importe de surveiller ses sautes d’humeur, de laisser ses conflits à la maison, de ne pas laisser les émotions prendre le dessus. 

5. Partir petit

Instaurer une culture créative dans une entreprise ou dans un groupe, ça peut paraître comme un défi insurmontable, surtout pour les gens qui oeuvrent dans de grandes organisations. Certaines personnes qui participaient à la formation étaient issues de grandes corporations, où ils partent de loin en termes de culture créative. Alors, comment y arriver? Le conseil : partir petit. 

Lorsque vous voulez instaurer et encourager une culture créative à l’intérieur d’une équipe ou d’un milieu de travail, identifiez un petit groupe de personnes motivées, qui vont avoir un effet de contamination positive sur l’ensemble du groupe. Lorsque les autres verront ce que vous êtes en train de faire (essayer de nouvelles méthodes de travail, par exemple), cela générera de la curiosité et incitera les autres à vous suivre. 

À noter que d’autres sujets sont abordés lors de la formation, comme le feedback, la co-création, le casting, l’éthique et l’appartenance des idées, le courage, et beaucoup plus. Si cela vous intéresse, vous pouvez visiter le site web de la FACTRY pour en savoir plus (et aussi en parler à votre employeur).